Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/98

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Là, il y avait du monde, des voitures, une station d’omnibus, mais ils n’attirèrent pas trop l’attention. Quelques flâneurs s’arrêtaient ou se retournaient pour examiner ce gros chien qui tenait un coffret dans sa gueule, mais ils ne voyaient pas la courroie qui lui liait le museau et ils n’y prenaient pas garde ; à Paris, les chiens portant des paquets ne sont pas rares, et Courapied n’avait rien qui le distinguât des autres passants.

Camille et Georget hâtèrent un peu le pas parce qu’ils craignaient de perdre de vue leur chef de file, et ils virent qu’après avoir traversé l’esplanade plantée qui s’étend devant la caserne, il enfilait, sans hésiter, le boulevard Magenta.

C’était presque une indication. Cette large voie remonte vers les hauteurs de l’ancienne banlieue du Nord. Elle conduit à Montmartre ou à La Villette, suivant qu’on tourne à gauche ou à droite, lorsqu’on arrive aux boulevards extérieurs.

Ainsi commençaient à se vérifier les prédictions de Courapied qui, en s’abouchant avec mademoiselle Monistrol sur la place du Trône, annonçait déjà que Zig-Zag devait s’être réfugié dans un des arrondissements les plus éloignés du centre.

L’ardeur de Vigoureux ne s’était pas calmée. Il tirait plus que jamais sur sa laisse et s’il s’arrêtait parfois, c’était pour grogner sourdement contre Courapied, qui se maintenait à la même allure régulière au lieu de prendre le pas de course.

— Vous devez être fatiguée, mademoiselle, dit doucement Georget.

— Non, répondit Camille. Je marcherai toute la nuit, s’il le faut. Mais ne m’appelle plus : mademoiselle. Donne-