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MON ENCRIER

« fallait les montrer à l’aumônier » ; ni la Croix ni l’Univers n’étaient exempts de cette formalité. Mais ce fut avec un sourire de pure béatitude que M. M*** m’apporta un jour, après dîner, une feuille de Paris qu’il venait de recevoir à mon adresse, et en faveur de laquelle il avait cru pouvoir prendre sur lui de faire une exception : c’était la Guerre sociale, du citoyen Gustave Hervé.

Quant aux livres, il finit par s’y accoutumer de même. Un jour il laissa passer l’ouvrage de Pellico, Mes Prisons. À dater de cette heure, l’audace de mes visiteurs ne connut plus de bornes.

— La prochaine fois, me dit l’un d’eux, je vous envoie du Maupassant.

Une Vie ? Pierre et Jean… ?

— Oh ! bien plus amusant que cela ! Vous l’avez certainement lu : c’est un de ses livres les plus célèbres…

— Mais lequel, encore ?

Ce cochon de Morin[1].

  1. « Ce cochon de Morin », par Guy de Maupassant, 1 vol. in-18, édition Paul Ollendorf.