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MON ENCRIER

ou un philosophe allemand du XVIIIe ! Rappelez-vous plutôt, par exemple, tant de fameux commentaires sur l’histoire du droit constitutionnel, si pénibles, si entortillés, et dites-moi franchement, là, entre nous, ce que vous-même, mon cher lecteur, y avez bien pu démêler, ce qu’à plus forte raison le gros du public en aura pu saisir. — Premier défaut de cette détestable dialectique : par son étalage confus d’érudition, son abus des subtilités, son penchant enfin à vouloir démontrer généralement les vérités les plus simples par les preuves les plus compliquées, elle n’est que trop souvent inintelligible.

Un deuxième, et qu’on peut dire qui en est à peu près inséparable, c’est son penchant, encore plus marqué s’il se peut, au sophisme, à tous les genres de sophisme. J’ai beau chercher, en effet, parmi les raisonnements qu’il nous propose, je n’en trouve pas un qui ne tombe à faux et j’en trouve à peine qui ne tombent dans l’absurde. Un trait avant tout leur est commun à la plupart. C’est d’être contradictoires, et de toutes les façons : tantôt aux principes essentiels de la doctrine qu’ils sont censés soutenir, tantôt les uns aux autres, tantôt en eux-mêmes, — et bien souvent des trois façons en même temps.

De ce double défaut, les écrits de M. Bourassa, au cours des six années qui se sont écoulées depuis son entrée dans le journalisme actif, n’of-