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LA FAILLITE (?) DU NATIONALISME

disaient les plus optimistes. Dès qu’un vaisseau de guerre allemand se risque en haute mer, les canons anglais le coulent à pic.

Les prises de guerre opérées en quatre semaines par les marins anglais, sur le commerce allemand, représentent le joli denier de trois cent cinquante millions de dollars.

Le drapeau britannique flotte déjà sur la plupart des colonies allemandes. Tandis que de naïfs Canadiens ne rêvent que batailles et carnage — de loin, — les représentants du commerce anglais parcourent le monde et s’apprêtent à recueillir partout les dépouilles de l’industrie allemande paralysée. — (Cf. le Devoir du 8 septembre.)

Si l’Angleterre s’était, d’ailleurs, sentie vraiment menacée, croit-on de bonne foi qu’elle se fût contentée du dérisoire effort qu’elle a donné jusqu’ici sur le continent ? (Id., ibid. — Cf. aussi, notamment, le Devoir des 23 et 28 septembre, des 18, 20, 26 et 27 octobre.) La vérité, c’est que, tout à fait rassurée par sa flotte du côté de la mer, elle s’en est à peu près entièrement remise à la France et à la Russie du soin de tenir tête à l’ennemi sur terre, ne paraissant connaître, quant à elle, de plus haute ni de plus pressante préoccupation, au milieu de cet immense bouleversement, que de laisser échapper le moins possible des marrons tirés du feu par les autres. — Dès lors, qu’avons-nous affaire, je vous prie, de lui offrir un effort qu’elle ne nous demande pas, — qui ne lui saurait être, de toute façon, que d’un secours minime, — et qui pèsera, d’autre part, d’un poids terrible sur l’avenir de notre jeune pays ?

Jugeant ainsi que ni la Russie ne mérite notre