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MON ENCRIER

d’aussi beaux hommages qu’on lui en a jamais décernés de son vivant, mais encore dans les plus petits hameaux et jusqu’au fond des campagnes les plus reculées.

Pour comprendre Mercier et pour l’aimer, il faut de plus se sentir capable d’épouser son rêve et de partager son idéal ; il faut comprendre tout d’abord cette race qui lui était si chère et qu’il a personnifiée à un si haut degré, avec ses aspirations ardentes, ses espoirs, ses amours et ses haines. Toute la vie de Mercier est là. Hors de là, il n’est qu’un politicien comme un autre, sans caractère particulier, sans originalité bien définie. S’il éveille tellement notre sympathie, si nous sommes à ce point remués par son nom, c’est que ce nom ranime pour nous, avec la figure du grand disparu, toute la tendresse que nous portons à notre race, c’est qu’il évoque en notre esprit le cortège entier de nos souvenirs patriotiques.

Et voilà pourquoi, devant le bloc d’argile destiné au buste de Mercier, l’artiste canadien aurait senti son cœur battre, sa main frémir, et les larmes peut-être tomber de ses yeux.

Mais quelles larmes M. Chevré, de Paris, pourrait-il verser sur Mercier ?…

Connaît-il le moins du monde les actes publics du grand patriote ? Cela nous surprendrait. Même s’il les connaît, quelle impor-