Page:Fournier - Mon encrier (recueil posthume d'études et d'articles choisis dont deux inédits), Tome I, 1922.djvu/86

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
71
NOTRE DÉPUTATION

est un grand pays… ses ressources sont immenses… les libertés dont nous jouissons… nos pères ont été des héros… la gloire du drapeau britannique… sir Wilfrid est un grand homme… Pas un mot qui touche au cœur du sujet, rien qui ne sente de dix lieues sa rhétorique de collégien.

Les autres Canayens applaudissent à tout casser, pendant que les Anglais, ministériels comme oppositionnistes, écoutent avec un sourire amusé… Combien de fois aussi n’en ai-je pas vu, pendant ces grotesques comédies, sortir tout simplement de la Chambre en haussant les épaules de pitié !

Mais notre orateur a repris son siège, et un quart d’heure après la tabagie est plus prospère que jamais. C’est là que, tout en fumant la pipe et en jouant aux cartes, on continue de veiller sur les grands intérêts du pays, d’ici que la cloche annonce le vote.

Mais c’est surtout dans les comités qu’il faut les voir… quand ils y vont.

Et c’est là que nous les retrouverons demain.


II


Des hommes de toute première importance, dans les comités, ce sont, vous le savez, les agents de la haute finance, et tout d’abord les coulissiers des chemins de fer.