Page:France - Saint Yves.djvu/93

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de son élève. Il raconta la conduite édifiante de leur fils, depuis qu’il les avait quittés. « Je m’en doutais bien, répondit la mère, car Dieu m’a révélé dans un songe que mon fils sera un saint. »

Nul doute qu’ils ne fussent pressés de revoir cet enfant bien-aimé, dont la séparation leur avait coûté tant de larmes et de soucis. Yves eût pu, comme ses autres compagnons, rentrer dans son pays, après avoir terminé ses études à Paris ; mais il ne voulait retourner en Bretagne qu’après avoir épuisé la science des maîtres les plus célèbres. Se destinant à la défense des veuves, des pauvres et des orphelins, contre les riches et puissants seigneurs qui avaient étudié avec lui à la grande Université de Paris, il se fit une obligation d’apprendre le Droit à fond, afin de pouvoir soutenir leurs causes devant la science et la subtilité de leurs oppresseurs. C’est la France, dit un poète, qui a fait connaître aux Bretons la force et les secrets de l’éloquence :

Gallia caussidicos docuit facunda Britannos.

C’est aussi chez les Francs qu’Yves, naturellement éloquent, étudia la science du Droit, si nécessaire pour déjouer les ruses des méchants et faire triompher la vérité contre les pièges des innombra-