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MADAME ÉLISABETH.

qui les aiderait à supporter leurs infortunes, et qui donnerait à sa fille le précepte et l’exemple de la piété.

On parlait aussi d’une alliance entre madame Élisabeth et l’empereur Joseph ; et la reine, sincèrement attachée à son frère et aimant tendrement madame Élisabeth, désirait ardemment cette union qui, en élevant l’une sur un des premiers trônes de l’Europe, pouvait distraire l’autre de ses innovations et le ramener à des principes moins dangereux pour l’ordre social et la tranquillité des rois. Soit que Joseph II ne se souciât pas de prendre une troisième épouse, soit répugnance de madame Élisabeth à s’éloigner de la France, cette négociation fut bientôt oubliée.

Madame Élisabeth se consolait de l’obstacle que Louis XVI apportait à sa profession religieuse en allant souvent à Saint-Cyr, où elle passait des journées entières au milieu des élèves et des dames de la communauté. Elle se livrait, les autres jours, à son goût pour la solitude, dans un joli jardin et une charmante habitation qu’elle avait dans l’avenue de Paris, près de la butte de Montboron. Là elle s’adonnait à des occupations champêtres et cultivait ses talents naturels pour certaines branches des connaissances humaines.

Mais la sévère étiquette attachée aux pas des grands du monde lui défendait de passer la nuit dans cette résidence sans une garde et une grande suite tant qu’elle n’aurait pas atteint l’âge où nos lois nous permettent de disposer de nous-mêmes. Or, le jour où