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MADAME ÉLISABETH.

passer pour la reine vis-à-vis des assassins, elle n’abandonna pas son frère tant que dura le danger, soignant les assistants que la crainte ou la douleur faisaient succomber à leurs déchirantes émotions, tandis que les victimes étaient calmes et résignées.

Le jugement de madame Élisabeth, ses réponses à l’interrogatoire, ses derniers moments furent dignes de son courage et de ses vertus. Elle n’oublia jamais son rang et mourut en princesse.

Elle fut décapitée le 10 mai 1794, âgée de trente ans et sept jours.

L’éducation de madame Élisabeth avait été très-soignée par sa gouvernante, la princesse de Marsan ; elle la perfectionnait encore elle-même tous les jours. Elle avait des talents pour la musique et la peinture, parlait l’italien, même un peu le latin, et savait les mathématiques à fond. Le professeur Le Blond, connu par plusieurs bons ouvrages, lui donnait des leçons, et il m’a souvent confirmé les connaissances de la princesse dans cette science, même dans ses branches les plus difficiles et les plus abstraites.

J’ai parlé de son goût pour la peinture. Le dernier tableau à l’huile que je lui ai vu faire à Paris, était une grande toile représentant un paysage avec une grande chute d’eau.

Les appartements de madame Élisabeth, à Versailles, étaient à l’extrémité de la galerie des Princes, dans l’aile gauche du château.

À Paris, elle logea aux Tuileries, dans le pavillon de