Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/38

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l'histoire tout entière ? C’est, en effet, une loi qui domine tous les événements et qui préside à la marche des sociétés humaines, que la propriété, aussi bien que l'individu, ne s’affranchit que par degrés des liens de la communauté, soit celle de l'État, ou de la famille, ou d’une caste privilégiée, pour revêtir un caractère entièrement libre et personnel : en d’autres termes, la communauté et l’esclavage, la propriété et la liberté ont toujours existé ensemble et dans les mêmes proportions : partout où l’on aperçoit l’une, on est sûr de rencontrer l’autre ; dès que l’une est niée, étouffée ou amoindrie, l’autre l’est également ; et comme l’idée de la liberté n’est pas autre chose, après tout, que l’idée de la justice, l’idée du droit, l’idée du respect qui est dû à l’humanité pour elle-même, sans aucun égard pour sa condition extérieure, on peut dire que le degré d’affranchissement où la propriété est arrivée chez un peuple, nous donne la mesure exacte de sa civilisation et particulièrement de son éducation morale. Quelques exemples suffiront pour nous convaincre de cette vérité et lui donner la valeur d’un axiome historique.

Nous ne connaissons pas de constitution plus originale et plus ancienne que celle que nous offrent les Lois de Manou, Les lois de Manou sont pour les Indiens ce que le Zend-Avesta était pour les Perses et la Bible pour les Hébreux, c’est-à-dire un code révélé à la fois