Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/39

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civil, politique et religieux, dont les dispositions ont tout prévu et tout ordonné d’après des règles immuables, depuis les relations générales sur lesquelles repose l’existence même de la société jusqu’aux actions les plus humbles et les plus secrètes de là vie privée. Eh bien ! si nous jetons les yeux sur ce curieux monument, nous y verrons la propriété collective, indivisible, et remise tout entière entre les mains des brahmanes ou de la caste sacerdotale, sous prétexte qu’elle est la première-née de Brahma, et qu’elle est sortie de la plus noble partie de son corps. « Le brahmane, dit le législateur indien[1], est le seigneur de tout ce qui existe ; tout ce que ce monde renferme est la propriété du brahmane ; par sa primogéniture et par sa naissance il a droit à tout ce qui existe. — Le brahmane ne mange que sa propre nourriture, ne porte que ses propres vêtements, ne donne que son avoir ; c’est par la générosité du brahmane que les autres hommes jouissent dès biens de ce monde. » Mais ce n’est pas assez que la terre ait des propriétaires et le pays des maîtres ; il faut des bras pour le défendre, pour le cultiver, pour distribuer à sa surface les fruits de sa fécondité et les façonner à tous les usages de la vie. De là les trois autres castes indiennes, celle

  1. Les passages que je. cite sont tirés de la traduction de Loiseleur-Deslonchamps, liv. VIII, stance 37 ; liv. I, stance 100 ; liv. VIII, stance 416.