Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/43

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ajouté au lévirat, ou l'obligation pour un frère puîné de donner des héritiers à son aîné, quand celui-ci était mort laissant une veuve sans enfants, ce moyen était parfaitement propre à conserver l’équilibre des fortunes ; mais aussi il changeait le propriétaire en usufruitier. C’est ce que le législateur hébreu reconnaît expressément lorsqu’il met dans la bouche de Dieu les paroles suivantes[1] : « La terre ne peut jamais être vendue complètement ; car la terre est à moi, et vous n'êtes que des étrangers avec moi. » Quel a été le résultat de cette restriction imposée au droit de propriété ? C’est que chacun, excepté le prêtre et le lévite, étant fixé à une portion du sol, et attaché pour ainsi dire à la glèbe de son patrimoine, il fut impossible de choisir une autre occupation que l'agriculture ; c’est que l’industrie, le commerce, les sciences, les arts, excepté la musique et la poésie religieuse, restèrent étrangers à ce peuple intelligent et actif, et il fut obligé d’attendre la ruine de sa nationalité, sa dispersion sur toute la surface du globe, le dernier degré de l’oppression et de la misère, pour révéler la souplesse et la fécondité de son génie. N’a-t-il pas fallu qu’à l’époque de sa plus haute prospérité, sous le règne du plus grand de ses rois, il appelât dans son sein, lui si fier et si jaloux de son culte, des ouvriers étrangers pour

  1. Lévitique, chap. XXV, v. 23.