Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/71

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fois un monarque et un pontife infaillible, un homme revêtu des attributions de Dieu. Sous ses ordres, trois ministres, aux départements de la sagesse, de la puissance et de l’amour ; et sous ces trois ministres diverses classes de magistrats, préposés à toutes les vertus et à toutes les facultés, assignent à chacun son rang, sa tâche et, suivant la manière dont il la remplit, sa part dans la jouissance des biens communs : car la communauté n’est pas confondue ici avec l'égalité. De même, quoique les femmes soient communes, il n’est permis d’en jouir que de la manière qui a été fixée par le ministre des affaires d’amour, qu’aux jours, aux heures et sous les conditions les plus favorables à l'amélioration de la race humaine. Campanella a parfaitement compris que la liberté, la propriété et la famille sont étroitement liées entre elles, et que si l’on sacrifie l’une, il faut nécessairement abandonner les deux autres. — Que dire maintenant de la Bétique et de la République de Salente, ces douces créations de l’imagination pastorale de Fénelon ? La seule conclusion qu’on en puisse tirer, n’est-ce pas que la communauté et l’égalité de fortune ne peuvent exister chez les hommes que dans l’enfance de la société, pendant le sommeil de l’imagination et de la raison, en l’absence des besoins qu’une civilisation un peu avancée amène nécessairement avec elle ? Mais, encore une fois, on ne discute point des rêves : ce qu’il nous importe d’appré-