Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/91

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ceux gui n’acceptent pas la république des égaux), si quelques royalistes voulaient faire résistance, qu’une colonne armée de torches ardentes se porte à l’instant sur le point qu’ils auraient choisi, qu’ils soient sommés de rendre les armes, ou qu’à l’instant les flammes vengent et la liberté et la souveraineté du peuple[1]. » Babœuf ne connaissait pas l'invention des allumettes chimiques[2].

Ainsi voilà un système qui s’introduit au nom de la liberté et qui aboutit au plus horrible esclavage ; qui appelle tous les hommes à la richesse, à la science, au bonheur, et qui ne leur offre que la pauvreté, l’ignorance, l’existence la plus aride et la plus bornée ; enfin, qui veut fonder la société sur le principe de la fraternité humaine, et qui commence par exciter au meurtre, au pillage et à l'incendie. Est-ce bien assez de contradictions, et l’histoire qui les rend sensibles à nos yeux, qui nous les montre tout à la fois en action et en paroles, peut-elle être accusée de partialité ? La vérité est que le communisme n’est pas un système, mais un nom qui recouvre des passions et des appétits ;

  1. Recueil cité plus haut, t. I, p. 240.
  2. Allusion à une menace du citoyen Caussidière, préfet de police sous le gouvernement provisoire de la République de 1848. Cet étrange gardien de la sûreté publique faisait savoir à la ville de Paris que si elle n’acceptait pas franchement, avec toutes ses conséquences, la Révolution de Février, il lui suffirait d’une allumette chimique pour triompher de sa résistance.