Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/92

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voilà pourquoi il invoque indifféremment les principes les plus opposés. Dans l'antiquité il s’appuie sur la différence des races, sur l'inégalité naturelle des hommes, ou le droit de la guerre et de la force. Après la naissance du christianisme, il ne parle que de charité et d’amour. Sous l’empire de la philosophie et de la raison modernes, il se réclame surtout de la liberté. Ajoutons que le communisme de Babœuf est le seul conséquent ; car s’il est vrai que la propriété, injuste et spoliatrice par elle-même, est la mère de toutes les iniquités et de toutes les violences, la cause de toutes les douleurs qui déchirent l’humanité, la source impure de la corruption et des vices qui la rongent, pourquoi la souffrir un seul instant ? Pourquoi le bien de tous, les droits de tous, les droits de la justice, de la raison, de la pitié elle-même, seraient-ils sacrifiés plus longtemps à l'égoïsme de quelques-uns ? Puis il ne s’agit pas seulement de ceux qui prêchent cette théorie et du degré de logique ou de franchise qu’ils y apportent ; il faut penser aussi à ceux qui l’écoutent. Or pourquoi les masses, que vous montrez comme opprimées, dépouillées, exploitées par quelques-uns, et ravalées au niveau des bêtes de somme, condamnées au vice et à l’infamie autant qu’à la souffrance, garderaient-elles quelque ménagement pour leurs oppresseurs ? Ne serait-ce pas supposer que les riches les ont privées aussi de leur raison ? J’admire vraiment ces