Page:Froment - Notice historique sur L'Abord-à-Plouffe, c1920.djvu/29

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Des croix furent érigées ici et là, où ils allaient le soir après le labeur et la fatigue du jour, pendant les mois de Marie et du Rosaire prier tous ensemble sous la présidence du pasteur qui s’y rendait souvent. Le rang tout entier y venait aussi aux grandes fêtes, et après la prière en commun et quelques anciens cantiques, les plus touchants et les plus beaux, tous revenaient meilleurs et plus forts. Ces croix ne sont pas totalement disparues. Il en reste deux : une chez M. Damasse Bertrand et une autre, celle du magnifique calvaire chez M. Alexandre Francœur. Le grand malheur c’est que les réunions d’antan, pourtant si pieuses, et si capables de faire du bien ne reviennent plus. « Il faisait si bon le soir prier aux pieds de la grande croix » Et ces croix sont encore aimées et saluées. Elles ont une âme qui nous parle de Dieu et d’espoir.

En ces temps anciens où la foi était si vive, personne ne manquait la messe. Les voitures étaient plutôt rares mais tout le monde avait bon pied et se rendait à l’église paroissiale, sans craindre la tempête, les froids ou la pluie et malgré les chemins impraticables. On y restait jusqu’après les Vêpres. Quelques heures au bon Dieu ne sont pas de trop et ces heures rapportent toujours profit ! La vie paroissiale existait donc à l’Abord-à-Plouffe. Les prêtres y allaient souvent pour la visite des écoles et la consolation des malades. Mais avec le temps et la population toujours croissante, un plus grand nombre n’ayant pas de voiture, il fallut songer à ouvrir une desserte.