Page:Fujishima - Le Bouddhisme Japonais, doctrines et histoire des douze grandes sectes bouddhiques du Japon.djvu/202

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LE BOUDDHISME JAPONAIS

Selon les autres écoles de la doctrine de la Terre-Pure, on parvient à Bouddha pour avoir pratiqué de bonnes œuvres long-temps après être né dans la Terre-Pure. Mais le système de la Vraie secte se distingue de la plupart des Écoles bouddhiques par le terme de « sauter en travers. » Naître dans la Terre-Pure, c’est devenir Bouddha ; en un mot, quand les fidèles abandonnent le corps impur de la vie présente, ils cueillent le plus excellent fruit du Nirvâṇa, puisqu’il repose simplement sur le pouvoir supérieur du vœu originel.

Les fidèles de cette secte ne s’adressent point au Bouddhas ou aux autres objets du culte pour appeler sur eux le bonheur et n’emploient pas les charmes magiques pour conjurer l’infortune, parce que les infortunes et les bonheurs ont leur origine dans la cause lointaine de l’existence antérieure ou dans la cause proche de la vie présente. Les fidèles se pliant à l’instruction de Bouddha peuvent éviter la cause proche, mais la cause lointaine ayant son origine dans l’existence antérieure ne peut être supprimée. La réprimande portant sur les faits du passé est tout à fait inutile, tandis qu’on peut se défendre à l’avance de l’action de l’avenir. C’est pour cette raison que tous les charmes magiques sont considérés comme inutiles dans cette secte. De plus, le principe du Bouddhisme est de s’élever de la misère des transmigrations (Saṃsâra) au salut suprême (Nirvâṇa) ; alors le cœur des fidèles ne peut guère être ébranlé ni par le