Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/109

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disposition de m’envoyer promener, je sortis de ma poche la correspondance du comte et je lui présentai une des lettres. En reconnaissant l’écriture de son père il s’humanisa. Il me déclara qu’il allait être à moi, me demandant la permission de faire prévenir là où il était attendu. Il écrivit un mot à la hâte et le remit à son valet de chambre en lui ordonnant de le faire porter tout de suite chez madame la marquise d’Arlange. Il me fit alors passer dans une pièce voisine, sa bibliothèque.

— Un mot seulement, interrompit le bonhomme ; s’était-il troublé en voyant les lettres ?

— Pas le moins du monde. Après avoir fermé soigneusement la porte, il me montra un fauteuil, s’assit lui-même et me dit : « — Maintenant, monsieur, expliquez-vous. » J’avais eu le temps de me préparer à cette entrevue dans l’antichambre. J’étais décidé à frapper immédiatement un grand coup. — « Monsieur, lui dis-je, ma mission est pénible. Je vais vous révéler des faits incroyables. De grâce, ne me répondez rien avant d’avoir pris connaissance des lettres que voici. Je vous conjure aussi de ne vous point laisser aller à des violences qui seraient inutiles. » Il me regarda d’un air extrêmement surpris et répondit : « Parlez, je puis tout entendre. » Je me levai. « — Monsieur, lui dis-je, apprenez que vous n’êtes pas le fils légitime de M. de Commarin. Cette correspondance vous le