Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/125

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— Ah !…

Et comme Juliette se taisait, il ajouta :

— S’il vous fait plaisir, il n’y paraît guère.

— Vous y voilà donc ! s’écria la dame. Je ne vous semble pas assez enflammée de reconnaissance. Vous m’apportez un présent, et je dois immédiatement le payer comptant, remplir la maison de cris de joie et me jeter à vos genoux en vous appelant grand et magnifique seigneur.

Noël ne put retenir un geste d’impatience que Juliette remarqua fort bien et qui la ravit.

— Cela suffirait-il ? continua-t-elle. Faut-il que j’appelle Charlotte pour lui faire admirer ce bracelet superbe, monument de votre générosité ? Voulez-vous que je fasse monter le portier et descendre ma cuisinière pour leur dire combien je suis heureuse de posséder un amant si magnifique ?

L’avocat haussait les épaules en philosophe que ne sauraient toucher les railleries d’un enfant.

— À quoi bon ces plaisanteries blessantes ? dit-il. Si vous avez contre moi quelque grief sérieux, mieux vaut le dire simplement et sérieusement.

— Soit, soyons sérieux, répondit Juliette. Je vous dirai, cela étant, que mieux valait oublier ce bracelet et m’apporter hier soir ou ce matin les huit mille francs dont j’avais besoin.

— Je ne pouvais venir.