Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/140

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d’une importance immense pour moi. Oui, immense ! Si elle réussit, mignonne, notre bonheur est assuré, et tu verras bien si je t’aime.

— Oh ! mon petit Noël, dis-moi ce que c’est ?

— Je ne puis.

— Je t’en prie, fit la jeune femme en se pendant au cou de son amant, se soulevant sur la pointe des pieds comme pour approcher ses lèvres des siennes.

L’avocat l’embrassa ; sa résolution sembla chanceler.

— Non ! dit-il enfin, je ne puis, là, sérieusement. À quoi bon te donner une fausse joie… Maintenant, ma chérie, écoute-moi bien. Quoi qu’il arrive, entends-tu, sous quelque prétexte que ce soit, ne viens pas chez moi, comme tu as eu l’imprudence de le faire, ne m’écris même pas. En me désobéissant, tu me causerais peut-être un tort irréparable. S’il t’arrivait un accident, dépêche-moi ce vieux drôle de Clergeot. Je dois le voir après-demain, car il a des billets à moi.

Juliette recula, menaçant Noël d’un geste mutin.

— Tu ne veux rien me dire ? insista-t-elle.

— Pas ce soir, mais bientôt, répondit l’avocat qu’embarrassait le regard de sa maîtresse.

— Toujours des mystères ! fit Juliette dépitée de l’inutilité de ses chatteries.