Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/17

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Elle revenait de Bougival avec un panier de provisions.

— Monsieur le commissaire est sûr de l’heure ? interrogea Gévrol.

— Parfaitement, et voici pourquoi : les deux témoins dont la déposition me fixe, la femme Tellier et un tonnelier, qui demeurent ici près, descendaient de l’omnibus américain qui part de Marly toutes les heures, lorsqu’ils ont aperçu la veuve Lerouge dans le chemin de traverse. Ils ont pressé le pas pour la rejoindre, ont causé avec elle et ne l’ont quittée qu’à sa porte.

— Et qu’avait-elle dans son panier ? demanda le juge d’instruction.

— Les témoins l’ignorent. Ils savent seulement qu’elle rapportait deux bouteilles de vin cacheté et un litre d’eau-de-vie. Elle se plaignait du mal de tête et leur dit que, bien qu’il fût d’usage de s’amuser le jour du mardi-gras, elle allait se coucher.

— Eh bien ! exclama le chef de la sûreté, je sais où il faut chercher.

— Vous croyez ? fit M. Daburon.

— Parbleu ! c’est assez clair. Il s’agit de trouver le grand brun, le gaillard à la blouse. L’eau-de-vie et le vin lui étaient destinés. La veuve l’attendait pour souper. Il est venu, l’aimable galant.

— Oh ! insinua le brigadier évidemment révolté, elle était bien laide et terriblement vieille.