Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/213

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— J’ai beaucoup réfléchi, commença-t-il, à toute cette affaire.

— Et moi donc ! interrompit le père Tabaret. Je m’inquiétais, monsieur, lorsque vous êtes entré, de l’attitude probable du vicomte de Commarin au moment de son arrestation. Rien de plus important, selon moi. S’emportera-t-il ? essayera-t-il d’intimider les agents ? les menacera-t-il de les jeter dehors ? C’est assez la tactique des criminels huppés. Je crois pourtant qu’il restera calme et froid. C’est dans la logique du caractère que se relève la perpétration du crime. Il fera montre, vous le verrez, d’une assurance superbe. Il jugera qu’il est sans doute victime de quelque malentendu. Il insistera pour voir immédiatement le juge d’instruction, afin de tout éclaircir au plus vite.

Le bonhomme parlait si bien de ses suppositions comme d’une réalité, il avait un tel ton d’assurance que M. Daburon ne put s’empêcher de sourire.

— Nous n’en sommes pas encore là, dit-il.

— Mais nous y serons dans quelques heures, reprit vivement le père Tabaret. Je suppose que, dès qu’il fera jour, monsieur le juge d’instruction donnera des ordres pour que M. de Commarin fils soit arrêté ?

Le juge tressaillit comme le malade qui voit son chirurgien déposer, en entrant, sa trousse sur un meuble.