Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/221

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— Rassurez-vous, cher monsieur Tabaret, lui dit-il, je ne mentirai pas mais je m’arrangerai de telle sorte que votre fils d’adoption, votre Benjamin, ne saura rien. Je lui laisserai entrevoir que je suis arrivé jusqu’à lui par des papiers trouvés chez la veuve Lerouge.

Le bonhomme, transporté, saisit la main du juge et la porta à ses lèvres.

— Oh ! merci, monsieur, s’écria-t-il, merci mille fois ! Vous êtes grand, vous êtes… Et moi qui tout à l’heure… mais, suffit ! je me trouverai, si vous le permettez, à l’arrestation ; je serais très-satisfait d’assister aux perquisitions.

— Je comptais vous le demander, monsieur Tabaret, répondit le juge.

Les lampes pâlissaient et devenaient fumeuses, le toit des maisons blanchissait, le jour se levait. Déjà, dans le lointain, on entendait le roulement des voitures matinales ; Paris s’éveillait.

— Je n’ai pas de temps à perdre, poursuivit M. Daburon, si je veux que toutes mes mesures soient bien prises. Je tiens absolument à voir le procureur impérial ; je le ferai réveiller s’il le faut. Je me rendrai de chez lui directement au Palais, j’y serai avant huit heures. Je désire, monsieur Tabaret, vous y trouver à mes ordres.

Le bonhomme remerciait et s’inclinait, quand le domestique du magistrat parut.