Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/222

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Voici, monsieur, dit-il à son maître, un pli que vient d’apporter un gendarme de Bougival. Il attend la réponse dans l’antichambre.

— Très-bien ! répondit M. Daburon ; demandez à cet homme s’il n’a besoin de rien, et dans tous les cas offrez-lui un verre de vin.

En même temps il brisait l’enveloppe de la dépêche.

— Tiens ! fit-il, une lettre de Gévrol ? Et il lut :

« Monsieur le juge d’instruction,

J’ai l’honneur de vous faire savoir que je suis sur la trace de l’homme aux boucles d’oreilles. Je viens d’apprendre de ses nouvelles chez un marchand de vin, où des ivrognes étaient attardés. Notre homme est rentré chez le marchand de vin dimanche matin en sortant de chez la veuve Lerouge. Il a commencé par acheter et payer deux litres de vin. Puis il s’est frappé le front et a dit : Vieille bête ! j’oubliais que c’est demain la fête du bateau. Il a aussitôt demandé trois autres litres. J’ai consulté l’almanach, le bateau doit s’appeler Saint-Marin. J’ai appris aussi qu’il était chargé de blé. J’écris à la préfecture en même temps qu’à vous, pour que des perquisitions soient faites à Paris et à Rouen. Il est impossible qu’elles n’aboutissent pas.

Je suis en attendant, monsieur… »

— Ce pauvre Gévrol ! s’écria le père Tabaret en