Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/23

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Lecoq baissa la tête et ne souffla mot, enchanté intérieurement d’avoir blessé son chef.

— Qu’est-ce que ce père Tirauclair ? demanda le juge d’instruction, il me semble avoir entendu ce nom-là je ne sais où.

— C’est un rude homme ! exclama Lecoq.

— C’est un ancien employé du Mont-de-Piété, ajouta Gévrol, un vieux richard dont le vrai nom est Tabaret. Il fait de la police, comme Ancelin était devenu garde du commerce, pour son plaisir.

— Et augmenter ses revenus, remarqua le commissaire.

— Lui ! répondit Lecoq, il n’y a pas de danger. C’est si bien pour la gloire qu’il travaille que souvent il en est de sa poche. C’est un amusement, quoi ! Nous l’avons, là-bas, surnommé Tirauclair, à cause d’une phrase qu’il répète toujours. Ah ! il est fort, le vieux mâtin ! C’est lui qui, dans l’affaire de la femme de ce banquier, vous savez ? a deviné que la dame s’était volée elle-même, et qui l’a prouvé.

— C’est vrai, riposta Gévrol. C’est aussi lui qui a failli faire couper le cou à ce pauvre Derème, ce petit tailleur qu’on accusait d’avoir tué sa femme, une rien du tout, et qui était innocent.

— Nous perdons notre temps, messieurs, interrompit le juge d’instruction.

Et s’adressant à Lecoq :

— Allez, dit-il, me chercher le père Tabaret. J’ai