Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/245

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IX


La révélation qui venait de se produire avait beaucoup plus irrité que surpris le comte de Commarin.

Faut-il le dire ! depuis vingt ans il redoutait de voir éclater la vérité. Il savait qu’il n’est pas de secret si soigneusement gardé qui ne puisse s’échapper, et son secret, à lui, quatre personnes l’avaient connu, trois le possédaient encore.

Il n’avait pas oublié qu’il avait commis cette imprudence énorme de le confier au papier, comme s’il ne se fût plus souvenu qu’il est des choses qu’on n’écrit pas.

Comment, lui, un diplomate prudent, un politique hérissé de précautions, avait-il pu écrire ! Comment, ayant écrit, avait-il laissé subsister cette correspondance accusatrice ? Comment n’avait-il pas anéanti,