Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/250

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dans ces détails si fatigants lorsqu’il s’agit d’une chose grave et qui reculent inutilement le but.

— Monsieur, répondit-il, dimanche matin un jeune homme s’est présenté ici, affirmant qu’il était chargé pour moi d’une mission de la plus haute importance, et qui devait rester secrète. Je l’ai reçu. C’est lui qui m’a révélé que je ne suis, hélas ! qu’un enfant naturel substitué par votre affection à l’enfant légitime que vous avez eu de madame de Commarin.

— Et vous n’avez pas fait jeter cet homme à la porte ! exclama le comte.

— Non, monsieur. J’allais répliquer fort vivement, sans doute, lorsque, me présentant une liasse de lettres, il me pria de les lire avant de rien répondre.

— Ah ! s’écria M. de Commarin, il fallait les lancer au feu, vous aviez du feu, j’imagine. Quoi ! vous les avez tenues entre vos mains et elles subsistent encore ! Que n’étais-je là, moi !

— Monsieur !… fit Albert d’un ton de reproche.

Et se souvenant de la façon dont Noël s’était placé devant la cheminée, et de l’air qu’il avait en s’y plaçant, il ajouta :

— Cette pensée me fût venue qu’elle eût été irréalisable. D’ailleurs, j’avais au premier coup d’œil reconnu votre écriture. J’ai donc pris les lettres et je les ai lues.