Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/252

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— Vous n’êtes donc pas allé jusqu’au bout, vicomte, dit-il, vous n’avez donc pas tout lu ?

— Tout, monsieur, et avec une attention que vous devez comprendre. Je puis vous affirmer que la dernière lettre qui m’a été montrée annonce simplement à madame Gerdy l’arrivée de Claudine Lerouge, de la nourrice qui a été chargée d’accomplir l’échange. Je ne savais rien au-delà.

— Pas de preuves matérielles ! murmura le comte. On peut concevoir un dessein, le caresser longtemps, puis au dernier moment l’abandonner ; cela se voit souvent.

Il se reprochait d’avoir été si prompt à répondre. Albert avait des soupçons sérieux, il venait de les changer en certitude. Quelle maladresse !

— Il n’y a pas de doute possible, se disait-il, Valérie a détruit les lettres les plus concluantes, celles qui lui ont paru les plus dangereuses, celles que j’écrivais après. Mais pourquoi avoir conservé les autres, déjà si compromettantes, et, les ayant gardées, comment a-t-elle pu s’en dessaisir ?

Albert restait toujours debout, immobile, attendant un mot du comte. Quel serait-il ? Son sort, sans doute, se décidait en ce moment dans l’esprit du vieillard.

— Peut-être est-elle morte ! dit à haute voix M. de Commarin.