Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/254

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pas, il me l’a dit, mêler personne à cette triste affaire. Ce jeune homme n’était autre que celui dont j’ai pris la place, votre fils légitime, M. Noël Gerdy lui-même.

— Oui ! fit le comte à demi-voix, Noël, c’est bien son nom, je me souviens ; et avec une hésitation évidente il ajouta : Vous a-t-il parlé de sa mère, de votre mère ?

— À peine, monsieur. Il m’a seulement déclaré qu’il venait à son insu, que le hasard seul lui avait livré le secret qu’il venait me révéler.

M. de Commarin ne répliqua pas. Il ne lui restait plus rien à apprendre. Il réfléchissait. Le moment définitif était venu, et il ne voyait qu’un seul moyen de le retarder.

— Voyons, vicomte, dit-il enfin d’un ton affectueux qui stupéfia Albert, ne restez pas ainsi debout, asseyez-vous là, près de moi, et causons. Unissons nos efforts pour éviter, s’il se peut, un grand malheur. Parlez-moi en toute confiance, comme un fils à son père. Avez-vous songé à ce que vous avez à faire ? Avez-vous pris quelque détermination ?

— Il me semble, monsieur, qu’il n’y a pas d’hésitation possible.

— Comment l’entendez-vous ?

— Mon devoir, mon père, est, ce me semble, tout