Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/258

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reflétait aucune émotion. Le comte comprenait qu’il ne l’ébranlait pas.

— Qu’avez-vous à répondre ? lui dit-il.

— Qu’il me semble, monsieur, que vous ne soupçonnez même pas tous les périls que j’entrevois. Il est malaisé de maîtriser les révoltes de sa conscience.

— Vraiment ! interrompit railleusement le comte, votre conscience se révolte ! Elle choisit mal son moment. Vos scrupules viennent trop tard. Tant que vous n’avez vu dans ma succession qu’un titre illustre et une douzaine de millions, elle vous a souri. Aujourd’hui elle vous apparaît grevée d’une lourde faute, d’un crime, si vous voulez, et vous demandez à ne l’accepter que sous bénéfice d’inventaire. Renoncez à cette folie. Les enfants, monsieur, sont responsables des pères, et ils le seront tant que vous honorerez le fils d’un grand homme. Bon gré mal gré vous serez mon complice, bon gré mal gré vous porterez le fardeau de la situation telle que je l’ai faite. Et quoi que vous puissiez souffrir, croyez que cela n’approchera jamais de ce que j’endure, moi, depuis des années.

— Eh ! monsieur, s’écria Albert, est-ce donc moi, le spoliateur, qui ai à me plaindre, n’est-ce pas au contraire le dépossédé ! Ce n’est pas moi qu’il s’agit de convaincre, mais bien M. Noël Gerdy.

— Noël ? demanda le comte.

— Votre fils légitime, oui, monsieur. Vous me