Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/263

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justes prétentions. Qu’il vienne. Nous pouvons, à bas bruit, faire rectifier les états civils. Il sera facile de mettre l’erreur sur le compte d’une nourrice, de Claudine Lerouge, par exemple. Toutes les parties étant d’accord, il n’y aura pas la moindre objection. Alors, qui empêche le nouveau vicomte de Commarin de quitter Paris, de se faire perdre de vue ? Il peut voyager en Europe pendant quatre ou cinq ans, au bout de ce temps tout sera oublié et personne ne se souviendra plus de moi.

M. de Commarin n’écoutait pas, il réfléchissait.

— Mais au lieu de lutter, vicomte ! s’écria-t-il, on peut transiger. Ces lettres, on peut les racheter. Que veut-il, ce jeune homme ? une position et de la fortune. Je lui assurerai l’une et l’autre. Je le ferai aussi riche qu’il l’exigera. Je lui donnerai un million, s’il le faut, deux, trois, la moitié de ce que je possède. Avec de l’argent, voyez-vous, beaucoup d’argent !…

— Épargnez-le, monsieur, il est votre fils.

— Malheureusement ! et je le voudrais aux cinq cents diables ! Je me montrerai, il transigera. Je lui prouverai que, pot de terre, il a tort de lutter contre le pot de fer, et s’il n’est pas un sot, il comprendra.

Le comte se frottait les mains en parlant. Il était ravi de cette belle idée de transaction. Elle ne pouvait manquer de réussir, une foule d’arguments se