Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/279

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relaté l’assassinat de la Jonchère, mais il lui fut impossible de lire, les lignes dansaient devant ses yeux. Alors il songea à écrire à Claire. Il se mit à table et écrivit : « Ma Claire bien aimée… » Il lui fut impossible d’aller plus loin, son cerveau bouleversé ne lui fournissait pas une phrase.

Enfin, à la pointe du jour, la fatigue l’emporta. Le sommeil le surprit sur un divan où il s’était jeté, un sommeil lourd, peuplé de fantômes.

À neuf heures et demie du matin, il fut éveillé en sursaut par le bruit de la porte s’ouvrant avec fracas.

Un domestique entra, tout effaré, si essoufflé d’avoir monté les escaliers quatre à quatre, qu’à peine il pouvait articuler un son.

— Monsieur, disait-il, monsieur le vicomte, vite, partez, cachez-vous, sauvez-vous, les voilà, c’est le…

Un commissaire de police, ceint de son écharpe, parut à la porte de la bibliothèque. Il était suivi de plusieurs hommes, parmi lesquels on apercevait, se faisant aussi petit que possible, le père Tabaret.

Le commissaire s’avança jusqu’à Albert.

— Vous êtes, lui demanda-t-il, Guy-Louis-Marie-Albert de Rhéteau de Commarin ?

— Oui, monsieur.

Le commissaire étendit la main en même temps qu’il prononçait la formule sacramentelle :