Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/280

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— Monsieur de Commarin, au nom de la loi, je vous arrête.

— Moi ! monsieur, moi…

Albert, arraché brusquement à des rêves pénibles, paraissait ne rien comprendre à ce qui se passait. Il avait l’air de se demander :

— Suis-je bien éveillé ? N’est-ce pas un odieux cauchemar qui se continue ?

Il promenait un regard stupide à force d’étonnement du commissaire de police à ses hommes et au père Tabaret, qui se tenait comme en arrêt devant lui.

— Voici le mandat, ajouta le commissaire en développant un papier.

Machinalement Albert y jeta un coup d’œil.

— Claudine assassinée ! s’écria-t-il.

Et très-bas, mais assez distinctement encore pour être entendu du commissaire de police, d’un agent et du père Tabaret, il ajouta :

— Je suis perdu !

Pendant que le commissaire de police remplissait les formalités de l’interrogatoire sommaire qui suit immédiatement toutes les arrestations, les estafiers s’étaient répandus dans l’appartement et procédaient à une minutieuse perquisition. Ils avaient reçu l’ordre d’obéir au père Tabaret, et c’était le bonhomme qui les guidait dans leurs recherches, qui leur faisait fouiller les tiroirs et les armoires, et déranger les