Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/282

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doigts a été comme usé par un frottement. On remarque sur le dos des deux gants des éraillures paraissant avoir été faites par des ongles ;

4o Deux paires de bottines, dont une, bien que nettoyée et vernie, encore très-humide. Un parapluie récemment mouillé, dont le bout est taché de boue blanche ;

5o Dans une vaste pièce dite « la bibliothèque, » une boîte de cigares nommés trabucos, et sur la cheminée divers porte-cigare en ambre ou en écume de mer…

Ce dernier article enregistré, le père Tabaret s’approcha du commissaire de police.

— J’ai tout ce que je pouvais désirer, lui dit-il à l’oreille.

— Moi, j’ai fini, répondit le commissaire. Il ne sait pas se tenir, ce garçon. Vous avez entendu ? Il s’est vendu du premier coup. Après ça, vous me direz : le manque d’habitude.

— Dans la journée, reprit toujours à voix basse l’agent volontaire, il n’aurait pas été mou comme cela. Mais le matin, réveillé en sursaut !… Il faut toujours servir les gens à jeun, au saut du lit.

— J’ai fait parler trois ou quatre domestiques, leurs dépositions sont singulières…

— Très-bien ! on verra. Je cours, moi, trouver M. le juge d’instruction, qui attend les pieds dans le feu.