Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/292

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— Je le sais, monsieur, mais il lui est impossible de répondre, elle est au lit, malade…

— Gravement ?

— Si gravement qu’il est prudent, je crois, de renoncer à son témoignage. Elle est atteinte d’une affection qui, au dire de mon ami, le docteur Hervé, ne pardonne jamais. C’est quelque chose comme une inflammation du cerveau, une encéphalite, si je ne m’abuse. Il peut arriver qu’on lui rende la vie, on ne lui rendra pas la raison. Si elle ne meurt pas, elle sera folle.

M. Daburon parut vivement contrarié.

— Voilà qui est bien fâcheux, murmura-t-il. Et vous croyez, mon cher maître, qu’il est impossible de rien obtenir d’elle ?

— Il ne faut même pas y songer. Elle a complètement perdu la tête. Elle était, lorsque je l’ai quittée, dans un état de prostration à faire croire qu’elle ne passera pas la journée.

— Et quand a-t-elle été prise de cette maladie ?

— Hier soir.

— Tout à coup ?

— Oui, monsieur, en apparence, du moins, car pour moi j’ai de fortes raisons de croire qu’elle souffrait depuis au moins trois semaines. Hier donc, en sortant de table, ayant à peine mangé, elle prit un journal, et par un hasard bien regrettable, ses yeux s’arrêtent précisément sur les lignes qui relataient