Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/325

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ret a décidément une double vue. À son incompréhensible audace ce jeune homme joint une infernale habileté. Le génie du crime lui-même l’inspire. C’est un miracle que nous puissions le démasquer. Comme il avait bien tout prévu et préparé ! Comme cette scène avec son père est merveilleusement combinée pour donner le change en cas d’accident !

Il n’y a pas une phrase qui ne souligne une intention, qui n’aille au-devant d’un soupçon. Quel fini d’exécution ! Quel soin méticuleux des détails !

Rien n’y manque, pas même le grand duo avec la femme aimée. A-t-il réellement prévenu Claire ? Probablement !

Je pourrais le savoir, mais il faudrait la revoir, lui parler ! Pauvre enfant ! aimer un pareil homme ! Mais son plan maintenant saute aux yeux.

Cette discussion avec le comte, c’est sa planche de salut. Elle ne l’engage à rien et lui permet de gagner du temps.

Il aurait vraisemblablement traîné les choses en longueur, puis il aurait fini par se ranger à l’avis de son père. Il se serait encore fait un mérite de sa condescendance et aurait demandé des récompenses pour sa faiblesse. Et lorsque Noël serait revenu à la charge, il se serait trouvé en face du comte, qui aurait tout nié bravement, qui l’aurait éconduit poliment, et au besoin l’aurait chassé comme un imposteur et un faussaire.