Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/326

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Chose étrange, mais cependant explicable, M. de Commarin, tout en parlant, arrivait précisément aux idées du juge, à des conclusions presque identiques.

Dans le fait, pourquoi cette insistance au sujet de Claudine ? Il se rappelait fort bien que dans sa colère il avait dit à son fils : « On ne commet pas de si belles actions pour son plaisir. » Ce sublime désintéressement s’expliquait.

Lorsque le comte eut terminé :

— Je vous remercie, monsieur, dit M. Daburon. Je ne saurais vous rien dire encore de positif, mais la justice a de fortes raisons de croire que, dans la scène que vous venez de me rapporter, le vicomte Albert jouait en comédien consommé un rôle appris à l’avance.

— Et bien appris, murmura le comte, car il m’a trompé, moi !…

Il fut interrompu par Noël qui entrait, une serviette de chagrin noir à son chiffre sous le bras.

L’avocat s’inclina devant le vieux gentilhomme qui, de son côté, se leva et se retira, par discrétion, à l’extrémité de la pièce.

— Monsieur, dit Noël à demi-voix au juge, vous trouverez toutes les lettres dans ce portefeuille. Je vous demanderai la permission de vous quitter bien vite, l’état de madame Gerdy devient d’heure en heure plus alarmant.