Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/334

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À sept heures et demie, selon Joseph et deux valets de pied, à huit heures seulement, suivant le suisse et Lubin, le vicomte était sorti à pied avec un parapluie.

Il était rentré à deux heures du matin, et avait renvoyé son valet de chambre qui l’attendait, comme c’était son service.

Le mercredi, en entrant chez le vicomte, le valet de chambre avait été frappé de l’état des vêtements de son maître. Ils étaient humides et souillés de terre, le pantalon était déchiré. Il avait hasardé une remarque, Albert avait répondu d’un ton furieux : « Jetez cette défroque dans un coin en attendant qu’on la donne. » Il paraissait aller mieux ce jour-là. Pendant qu’il déjeunait d’assez bon appétit le maître d’hôtel lui avait trouvé l’air gai. Il avait passé l’après midi dans la bibliothèque et avait brûlé des tas de papiers.

Le jeudi, il semblait de nouveau très-souffrant. Il avait failli ne pouvoir aller au-devant du comte. Le soir, après sa scène avec son père, il était remonté chez lui dans un état à faire pitié. Lubin voulait courir chercher le médecin, il le lui avait défendu, de même que de dire à personne son indisposition.

Tel est l’exact résumé des vingt grandes pages qu’écrivit le long greffier sans détourner une seule fois la tête pour regarder les témoins en grande livrée qui défilaient.