Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/352

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— D’une personne à qui j’avais écrit la veille, et qui venait de me répondre. J’ai dû dire cela ayant encore à la main la lettre qu’on venait de me remettre.

— Cette lettre était donc d’une femme ?

— Oui.

— Qu’en avez-vous fait, de cette lettre ?

— Je l’ai brûlée.

— Cette précaution donne à penser que vous la considériez comme compromettante.

— Nullement, monsieur, elle traitait de questions intimes.

Cette lettre, évidemment, venait de Mademoiselle d’Arlange, M. Daburon en était sûr.

Devait-il néanmoins le demander et s’exposer à entendre prononcer ce nom de Claire, si terrible pour lui ?

Il l’osa, en se penchant beaucoup sur son bureau, de telle sorte que le prévenu ne pouvait l’apercevoir.

— De qui venait cette lettre ? interrogea-t-il.

— D’une personne que je ne nommerai pas.

— Monsieur, fit sévèrement le juge en se redressant, je ne vous dissimulerai pas que votre position est des plus mauvaises. Ne l’aggravez pas par des réticences coupables. Vous êtes ici pour tout dire, monsieur.

— Mes affaires, oui, celles des autres, non.