Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/36

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— L’homme aux boucles d’oreilles devient de plus en plus important, dit le juge quand les femmes se furent retirées. Le retrouver est indispensable. Cela vous regarde, M. Gévrol.

— Avant huit jours je l’aurai, répondit le chef de la sûreté, quand je devrais moi-même fouiller tous les bateaux de la Seine, de sa source à son embouchure. Je sais le nom du patron : Gervais ; le bureau de la navigation me donnera bien quelque renseignement.

Il fut interrompu par Lecoq, qui arrivait tout essoufflé.

Voici le père Tabaret, dit-il, je l’ai rencontré comme il sortait. Quel homme ! Il n’a pas voulu attendre le départ du train. Il a donné je ne sais combien à un cocher, et nous sommes venus ici en cinquante minutes. Enfoncé le chemin de fer !

Presque aussitôt parut sur le seuil un homme dont l’aspect, il faut bien l’avouer, ne répondait en rien à l’idée qu’on se pouvait faire d’un agent de police pour la gloire.

Il avait bien une soixantaine d’années et ne semblait pas les porter très-lestement. Petit, maigre et un peu voûté, il s’appuyait sur un gros jonc à pomme d’ivoire sculptée.

Sa figure ronde avait cette expression d’étonnement perpétuel mêlé d’inquiétude qui a fait la fortune de deux comiques du Palais-Royal. Scrupuleu-