Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/365

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Qu’a-t-il répondu ? demanda-t-il avant même d’avoir refermé la porte.

— Il est coupable, évidemment, répondit le juge avec une brutalité bien éloignée de son caractère.

Le père Tabaret demeura tout interdit de ce ton. Lui qui arrivait pour récolter des éloges à panier ouvert ! Aussi est-ce avec une timidité très-hésitante qu’il offrit ses humbles services.

— Je venais, dit-il modestement, afin de savoir de monsieur le juge si quelques investigations ne seraient pas nécessaires pour démolir l’alibi invoqué par le prévenu.

— Il n’a pas d’alibi, répondit sèchement le magistrat.

— Comment ! s’écria le bonhomme, il n’a pas d’a… Bête que je suis, ajouta-t-il, monsieur le juge l’a fait mat en trois questions. Il a tout avoué.

— Non ! fit avec impatience le juge, il n’avoue rien. Il reconnaît que les preuves sont décisives ; il ne peut donner l’emploi de son temps ; mais il proteste de son innocence.

Au milieu du cabinet, le bonhomme Tabaret, bouche béante, les yeux prodigieusement écarquillés, demeurait debout dans la plus grotesque attitude que puisse affecter l’étonnement.

Littéralement les bras lui tombaient.

En dépit de sa colère, M. Daburon ne put retenir un sourire, et Constant dessina la grimace qui, sur