Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/369

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dances si fatales qu’elles semblent le condamner sans retour. Cherche-t-il à se disculper ? Non. Il répond simplement : « C’est terrible. » Et cependant, d’un bout à l’autre, je sens comme une réticence que je ne m’explique pas.

— Je me l’explique fort bien, moi, et je suis aussi tranquille que s’il avait tout confessé. J’ai assez de preuves pour cela.

— Hélas ! monsieur, des preuves ! Il y en a toujours contre ceux qu’on arrête. Il y en avait contre tous les innocents qui ont été condamnés. Des preuves !… J’en avais relevé bien d’autres contre Kaiser, ce pauvre petit tailleur…

— Alors, interrompit le juge impatienté, si ce n’est pas lui, ayant tout intérêt au crime, qui l’a commis, qui donc est-ce ? son père, le comte de Commarin !

— Non, mon assassin est jeune.

M. Daburon avait rangé ses papiers et terminé ses préparatifs. Il prit son chapeau et, s’apprêtant à sortir :

— Vous voyez donc bien ! répondit-il. Allons, jusqu’au revoir, monsieur Tabaret, et changez-moi vos fantômes. Demain nous recauserons de tout cela, pour ce soir je succombe de fatigue. Constant, ajouta-t-il, passez au greffe pour le cas où le prévenu Commarin désirerait me parler.

Il gagnait la porte, le père Tabaret lui barra le passage.