Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/385

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bre, je lui rendrais le dernier service qu’en un tel malheur je demanderais à mon frère, je lui donnerais les moyens de ne pas attendre le jugement.

— C’est bien parler, monsieur, dit le comte, très-bien, mon fils !

Et il tendit sa main à Noël, qui la pressa en s’inclinant avec une respectueuse reconnaissance.

L’avocat respirait. Enfin, il avait trouvé le chemin du cœur de ce hautain grand seigneur, il avait fait sa conquête, il lui avait plu.

— Revenons à vous, monsieur, reprit le comte. Je me rends aux raisons que vous venez de me déduire. Il sera fait ainsi que vous le désirez. Mais ne prenez cette condescendance que comme une exception. Je ne reviens jamais sur un parti pris, me fût-il même démontré qu’il est mauvais et contraire à mes intérêts. Mais du moins rien n’empêche que vous habitiez chez moi dès aujourd’hui, que vous preniez vos repas avec moi. Nous allons, pour commencer, voir ensemble où vous loger, en attendant que vous occupiez officiellement l’appartement qu’on va préparer pour vous.

Noël eut la hardiesse d’interrompre encore le vieux gentilhomme.

— Monsieur, dit-il, lorsque vous m’avez ordonné de vous suivre, j’ai obéi comme c’était mon devoir. Maintenant il est un autre devoir sacré qui m’appelle. Madame Gerdy agonise en ce moment. Puis-je