Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/401

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— Il me semble que les intérêts ont été bien et dûment payés, et à un taux qui vous permet de ne pas trop regretter le placement.

Clergeot n’aime pas à entendre parler des intérêts qu’on lui donne.

Il prétend que cela l’humilie.

C’est d’un ton sec qu’il répondit :

— Je ne me plains pas. Je tiens seulement à vous faire remarquer que vous en prenez par trop à l’aise avec moi. Si j’avais mis votre signature en circulation, tout serait payé à l’heure qu’il est.

— Pas davantage.

— Si fait. Le conseil de votre ordre ne badine pas, et vous auriez trouvé le moyen d’éviter les poursuites. Mais vous dites : Le père Clergeot est bon enfant. C’est la vérité. Pourtant, je ne le suis qu’autant que cela ne me cause pas trop de préjudice. Or, aujourd’hui, j’ai absolument besoin de mes fonds. Ab-so-lu-ment, ajouta-t-il, scandant les syllabes.

L’air décidé du bonhomme parut inquiéter l’avocat.

— Faut-il vous le répéter ? dit-il : je suis complètement à sec, com-plé-te-ment.

— Vrai ! reprit l’usurier, c’est fâcheux pour vous. Je me vois obligé de porter mes papiers chez l’huissier.

— À quoi bon ? Jouons cartes sur table, monsieur Clergeot. Tenez-vous à grossir les revenus de mes-