Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/402

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sieurs les huissiers ? Non, n’est-ce pas ? Quand vous m’aurez fait beaucoup de frais, cela vous donnera-t-il un centime ? Vous obtiendrez un jugement contre moi. Soit ! Après ? Songez-vous à me saisir ? Je ne suis pas ici chez moi, le bail est au nom de madame Gerdy.

— On sait cela. Et quand même, la vente de tout ce qui est ici ne me couvrirait pas.

— C’est donc que vous comptez me faire fourrer à Clichy ? Mauvaise spéculation, je vous en préviens, mon état serait perdu, et, plus d’état, plus d’argent.

— Bon ! s’écria l’honnête prêteur, voilà que vous me chantez des sottises. Vous appelez cela être franc ? À d’autres ! Si vous me supposiez capable de la moitié des méchancetés que vous dites, mon argent serait là, dans votre tiroir.

— Erreur ! je ne saurais où le prendre, et à moins de le demander à madame Gerdy, ce que je ne veux pas faire…

Un petit rire sardonique et des plus crispants, particulier au père Clergeot, interrompit Noël.

— Ce n’est pas la peine de frapper à cette porte, dit l’usurier, il y a longtemps que le sac de maman est vide, et si la chère dame venait à trépasse, — on m’a dit qu’elle est très malade, — je ne donnerais pas deux cents louis de sa succession.

L’avocat rougit de colère, ses yeux brillèrent ; il