Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/408

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liette, ou je ne donne pas cent sous de la dot. Ainsi, c’est convenu, préparez une lettre de change de vingt-quatre mille francs, je la prendrai lundi en vous rapportant vos billets.

— Vous ne les avez donc pas sur vous ?

— Non. Et pour être franc, je vous avouerai, que sachant bien que je ferais chou-blanc, je les ai remis hier avec d’autres à mon huissier. Cependant, dormez tranquille, vous avez ma parole.

M. Clergeot fit mine de se retirer, mais au moment de sortir il se retourna brusquement.

— J’oubliais, dit-il, pendant que vous y serez, faites la lettre de change de vingt-six mille francs. Votre petite femme m’a demandé quelques chiffons que je me propose de lui porter demain : de la sorte ils se trouveront soldés.

L’avocat essaya de se récrier. Certes, il ne refusait pas de payer, seulement il tenait à être consulté pour les achats. Il ne pouvait tolérer qu’on disposât ainsi de sa caisse.

— Farceur ! va, fit l’usurier en haussant les épaules. Voudriez-vous donc la contrarier pour une misère, cette femme ! Elle vous en fera voir bien d’autres. Comptez qu’elle avalera la dot. Et vous savez, s’il vous faut quelques avances pour la noce, donnez-moi des assurances ; faites-moi parler au notaire, et nous nous arrangerons. Allons, je file ! À lundi, n’est-ce pas ?