Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/426

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Le père Tabaret n’avait pour s’appuyer qu’une théorie subtile, des mots. M. Daburon possédait des témoignages palpables, des faits. Et telle était cette cause, que toutes les raisons invoquées par le bonhomme pour justifier Albert pouvaient se retourner contre lui et affirmer sa culpabilité.

Un échec chez le juge entrait trop dans les prévisions du père Tabaret pour qu’il en parût inquiet ou découragé.

Il déclara que pour le moment il n’insisterait pas davantage ; il avait pleine confiance dans les lumières et dans l’impartialité de monsieur le juge d’instruction, il lui suffisait de l’avoir mis en garde contre des présomptions que lui-même, malheureusement, avait pris à tâche d’inspirer.

Il allait, ajouta-t-il, s’occuper de recueillir de nouveaux indices. On n’était qu’au début de l’instruction et on ignorait bien des choses, jusqu’au passé de la veuve Lerouge. Que de faits pouvaient se révéler ! Savait-on quel témoignage apporterait l’homme aux boucles d’oreilles poursuivi par Gévrol ? Tout en enrageant au fond, et en mourant d’envie d’injurier et de battre celui qu’intérieurement il qualifiait de « magistrat inepte, » le père Tabaret se faisait humble et doux. C’est qu’il voulait rester au courant des démarches de l’instruction et être informé du résultat des interrogatoires à venir. Enfin, il termina en demandant la grâce de communiquer avec Albert ; il