Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/435

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ordres une douzaine d’hommes dont quatre au moins appartenaient pour sûr à la rue de Jérusalem. Tous les agents l’avaient rencontré, et il avait parlé à tous. À l’un il avait dit :

— Comment diable montrez-vous ainsi cette photographie ? Dans quatre jours vous allez être accablé de témoins qui, pour gagner trois francs, vous dépeindront à qui mieux mieux votre portrait.

Il avait appelé un autre agent sur la grand’route et s’était moqué de lui.

— Vous êtes naïf, lui avait-il crié, de chercher un homme qui se cache sur le chemin de tout le monde : regardez donc à côté, et vous trouverez.

Enfin, il en avait accosté deux qui se trouvaient ensemble dans un café de Bougival et il les avait pris à part.

— Je le tiens, leur avait-il dit. Le gars est fin, il est venu par Chatou. Trois personnes l’ont vu, deux facteurs du chemin de fer et une troisième personne dont le témoignage sera décisif, car elle lui a parlé. Il fumait.

M. Daburon entra dans une telle colère contre le père Tabaret que, sur-le-champ, il partit pour Bougival, bien décidé à ramener à Paris le trop zélé bonhomme, se réservant, en outre, de lui faire plus tard donner sur les doigts par qui de droit. Ce voyage fut inutile. Tabaret, le cabriolet, le cheval rapide et