Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/456

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— Votre surprise est une injure, monsieur, dit-elle.

— Mademoiselle !…

— Une fille de mon sang, monsieur, peut recevoir son fiancé sans danger, sans qu’il se passe rien dont elle puisse avoir à rougir.

Elle disait cela, et en même temps elle était cramoisie, de honte, de douleur et de colère.

Elle se prenait à haïr M. Daburon.

— Je n’ai point eu l’offensante pensée que vous croyez, mademoiselle, dit le magistrat. Je me demande seulement comment M. de Commarin est allé chez vous en cachette, lorsque son mariage prochain lui donnait le droit de s’y présenter ouvertement à toute heure. Je me demande encore comment dans cette visite il a pu mettre ses vêtements dans l’état où nous les avons trouvés.

— C’est-à-dire, monsieur, reprit Claire avec amertume, que vous doutez de ma parole !

— Il est des circonstances, mademoiselle…

— Vous m’accusez de mensonge, monsieur. Sachez que, si nous étions coupables, nous ne descendrions pas jusqu’à nous justifier. On ne nous verra jamais ni prier ni demander grâce.

Le ton hautain et méchant de mademoiselle d’Arlange ne pouvait qu’indigner le juge. Comme elle le traitait ! Et cela parce qu’il ne consentait pas à paraître sa dupe.