Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/501

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— Non moins que je le suis de voir en ce moment M. Constant tailler une plume.

— Les traces sont visibles ?

— Autant, monsieur, que le nez au milieu du visage, si j’ose m’exprimer ainsi. Le voleur, — il s’agit d’un voleur, je suppose, continua M. Martin qui était un beau parleur, — a pénétré avant la pluie et s’est retiré après, ainsi que l’avait conjecturé M. le juge d’instruction. Cette circonstance est facile à déterminer quand on compare, le long du mur, du côté de la rue, les empreintes de la montée et celles de la descente. Ces empreintes sont des éraillures faites par le bout des pieds. Les unes sont nettes, les autres boueuses. Le gaillard — il est leste, ma foi ! — est entré à la force du poignet, mais, pour sortir, il s’est donné le luxe d’une échelle qu’il aura jetée à terre une fois en haut. On voit très-bien où elle a été appliquée, en bas, à cause des trous, creusés par les montants ; en haut, parce que la chaux est dégradée.

— Est-ce là tout ? demanda le juge.

— Pas encore, monsieur. Ainsi, trois des culs de bouteille qui garnissent la crête du mur ont été arrachés. Plusieurs branches des acacias qui s’étendent au-dessus du même mur ont été tortillées ou brisées. Même aux épines de l’une de ces branches j’ai recueilli un petit fragment de peau grise que voici, et qui me paraît provenir d’un gant.